A Madagascar, « toutes les alternances se sont faites en dehors des règles »2 min read

À un mois du premier tour du scrutin présidentiel, Solofo Randrianja, professeur d’histoire à l’université de Tamatave, décrypte les causes de la nouvelle crise électorale.

Le président sortant de Madagascar, Andry Rajoelina, lors du premier meeting de sa campagne électorale, à Antananarivo, le 10 octobre 2023.

Solofo Randrianja est professeur d’histoire à l’université de Tamatave (Toamasina). Spécialiste de la vie politique contemporaine, il décrypte les causes de la nouvelle crise électorale que traverse Madagascar à un mois du premier tour du scrutin présidentiel dont la date a été reportée au 16 novembre. Si la manipulation des institutions et la violation des lois par le président sortant Andry Rajoelina sont les déclencheurs de cette crise, elle puise aussi ses racines, selon l’historien, dans l’existence d’un Etat dysfonctionnel. Entre le système de la royauté qui prévalait avant la colonisation et celui de la République importée ensuite, « l’hybridation n’a pas fonctionné », constate-t-il.

Madagascar est confrontée à une nouvelle crise électorale. Est-elle semblable aux précédentes ?

Non. Pour la première fois, nous ne sommes pas face à une crise provoquée par des opposants qui réclament le pouvoir et sont prêts pour cela à sortir du cadre constitutionnel. C’est le régime en place qui est sorti de la légalité en bafouant les lois et en manipulant les institutions. Il y a bien sûr la question de la nationalité française du président Andry Rajoelina [révélée en juin par la publication de son décret de naturalisation] et aussi, directement liés à la tenue de l’élection, le manque de transparence sur le nombre de votants, la soumission de la Commission électorale au pouvoir, le retrait du président du Sénat sous la pression pour laisser la place à un gouvernement collégial, chargé d’organiser les élections… Autant de raisons de penser que ces élections sont un jeu de dupes.

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